Le doudouk


Facture instrumentale
Le doudouk est un hautbois à tuyau cylindrique fait en bois d'abricotier ou de mûrier et percé de huit trous. L'anche double, en roseau, est volumineuse et se fixe à l'extrémité du tuyau. Cette anche est munie d'une bague permettant de jouer en faisant varier son ouverture, ainsi que d'un bouchon qui permet de refermer l'anche et donc de lui conserver sa forme quand on ne joue pas. Il existe plusieurs sortes de doudouk, suivant la longueur du tuyau qui varie de 25 à 40 cm environ. Le son du doudouk est grave et chaud et rappelle un peu celui de la clarinette dans le registre bas ou du cor anglais. L'étendue du doudouk est assez limitée puisqu'elle ne dépasse pas une octave et une tierce.

Répertoire
Le doudouk est l'un des instruments les plus répandus en Arménie. Il est instrument d'orchestre et aussi instrument soliste. On le trouve dans tous les genres du répertoire : dans la chanson paysanne proprement dite, faite de légendes, chants d'amour, de labeur, d'émigrés, de mariage, chants accompagnés de danses... dans les chansons citadines, plus patriotiques, il accompagne ou remplace la voix. Une manière traditionnelle consiste à jouer la mélodie sur un doudouk tandis qu'un second doudouk effectue un "bourdon" (note tenue, appelée ici "dam"). On le trouve dans de petites formations orchestrales avec la percussion et le luth et, à partir du XXe siècle, dans de grands orchestres, à l'image des orchestres européens. L'orchestre d'instruments traditionnels du conservatoire Komitas d'Erevan comprend ainsi six cithares kanone, six vièles kamantcha, quatre luths târ, quatre vièles bambir (proches du violoncelle), six doudouk, deux flûtes à bec shevi, quatre luths oud, deux tambours dehol, une grosse caisse et une contrebasse. Le compositeur Khatchatour Avetissian (1926-1996) a contribué, par ses ouvres et par sa maîtrise des instruments traditionnels, au développement de la musique pour grands orchestres.